49 - Le devoir de juger les gens selon
leurs apparences et de laisser à Dieu le soin de juger le fond de leurs
consciences
Dieu le Très-Haut a
dit:
1.
Chapitre 9 - verset 11: «S'ils reviennent à Dieu, pratiquent
correctement la prière et
donnent l'aumône légale, ce sont vos frères dans la foi».
390. Selon Ibn 'Omar (das),
le Messager de Dieu (bsdl) a
dit: «J'ai reçu l'ordre de combattre les gens jusqu'à ce qu'ils attestent qu'il
n'y a de dieu que Dieu et que Mohammad est le Messager de Dieu, puis qu'ils
fassent correctement la prière et qu'ils donnent l'aumône légale. S'ils ont
fait tout cela, ils ont assuré contre moi leur sang et leurs biens sauf ce que
l'Islam permet d'en prélever légalement». (ura)
391. Tàreq Ibn Ashyam (das)
a dit: «J'ai entendu le Messager de Dieu (bsdl)
dire: «Celui qui dit: «II n'est de dieu que Dieu», qui renie tout ce
qu'on adore en dehors de Dieu, ses biens et son sang deviennent alors sacrés et
c'est à Dieu le Très-Haut qu'il incombe de le juger». (Rapporté par Moslem)
392. Al Miqdàd Ibn Al Aswad (das) rapporte: «J'ai dit: «O Messager de Dieu! Si je
rencontre au combat l'un des Mécréants et si dans le combat il m'a coupé l'une
de mes mains puis s'est sauvé derrière un arbre en disant: «Je me soumets à
Dieu». Est-ce que je le tue? O Messager de Dieu! après sa déclaration.» Il dit:
«Ne le tue pas». Je dis: «O Messager de Dieu! Il m'a coupé l'une de mes deux
mains puis a dit ce qu'il a dit après l'avoir coupée». Il dit: «Ne le tue pas.
Si tu le tues il est dans ta situation avant que tu ne le tues (c.à.d. que son
sang est sacré) et tu es dans sa situation avant qu'il ne fasse sa déclaration,
(c.à.d. que ses héritiers ont le droit d'appliquer sur toi la loi du talion)». (ura)
Commentaire
Tout homme (ou femme) qui embrasse l'Islam met sa vie
et ses biens à l'abri de toute atteinte. Nul ne peut attenter à sa vie ou à ses
biens sauf pour ce qui concerne les redevances imposées par l'Islam dont
principalement l'aumône légale. En dehors de ce cas précis, le prince n'a aucun
droit sur les biens des Croyants et de ceux qui ont accepté la loi de l'Islam.
C'est cette garantie sans ambages qui a attiré rapidement les diverses ethnies
à l'Islam afin de fuir le despotisme et l'arbitraire auxquels les soumettaient
leurs princes non musulmans. Il est maintenant des démagogues qui se posent en
«exégètes modernes du Coran et de la Sunna et qui veulent ainsi renier tout
droit de propriété afin de faire passer le communisme qui est leur vraie religion
ou dont ils sont les agents serviles et plus ou moins avoués. Cela se rapporte
en particulier à la propriété agricole qu'on veut nier à son possesseur
légitime pour la partager entre des gens qui n'ont rien fait, ni eux, ni leurs
parents, pour constituer ce patrimoine. Cela mène aussitôt à l'anarchie et à la
mort du secteur agricole comme cela est facile de constater dans les pays qui
prônent ce slogan. Sous les quatre premiers califes, les Musulmans n'ont
nullement dépossédé les gens du pays de leurs terres mais ont simplement
astreint ceux d'entre eux qui n'embrassaient pas l'Islam à payer l'impôt de capitation.
C'est grâce à cette garantie que les pays musulmans connurent une grande
prospérité et que leur agriculture, en particulier, fut marquée d'un grand
essor. Il suffit de se référer aux savants systèmes d'irrigation qui
s'installèrent particulièrement en Iraq et en Espagne qui devinrent vite les
greniers de l'Islam. S'ils avaient dépossédé leurs propriétaires séculaires,
ces terres seraient vite tombées en friche et cela aurait installé la famine et
la désolation. Les expériences récentes de collectivisation ont vite tourné à
la faillite dans tous les pays du Tiers-Monde qui l'ont essayées. On peut
astreindre les gens à cultiver leurs terres, à les louer ou à les vendre s'ils
en sont incapables, On peut aussi faire des coopératives de services à
condition qu'elles offrent toutes les garanties de justice et de probité.
Mais on n'a nullement le droit de
déposséder les gens de leurs biens légitimes; si quelque malhonnête brigand a
usurpé une terre appartenant à d'autres, il va de soi qu'on doit rendre chaque propriété
à ses ayants-droit. Mais c'est une abominable injustice et une lourde erreur
politique que de considérer tous
les propriétaires terriens comme des brigands.
393. Ousàma Ibn Zeyd (das)
a dit: «Le Messager de Dieu (bsdl)
nous a envoyés en expédition à Al Horqa, de la tribu de Jouhayna. Le
lendemain matin nous étions devant leur point d'eau. Nous poursuivîmes, un
ansàrite et moi, l'un de leurs hommes. Quand nous le rattrapâmes il dit: «II n'est
de dieu que Dieu», L'ansàrite l'épargna mais moi je le tuai avec ma lance. De
retour à Médine, le Prophète (bsdl) eut
vent de la chose. Il me dit: «O Ousàma! Tu l'as donc tué après qu'il a dit: «II
n'est de dieu que Dieu»? Je dis: «O Messager de Dieu! Il ne l'a dit que pour
sauver sa tête». Il dit: «L'as-tu donc tué après qu'il a dit: «II n'est de dieu
que Dieu»? Et il ne cessa de le répéter jusqu'à ce que je souhaitasse que je
n'eusse pas embrassé l'Islam avant ce jour». (ura)
Dans une autre
version: Le Messager de Dieu (bsdl) dit:
«A-t-il dit: «II n'est de dieu que Dieu?» Je dis: «O Messager de Dieu! Il ne
l'a dit que par peur de mon arme». Il dit: «Pourquoi ne lui as tu pas ouvert le
cœur pour voir s'il l'a dit sincèrement ou non?» Il ne cessa de le répéter
jusqu'à ce que je souhaitasse que je ne fusse entré en Islam que ce jour-là».
394 Selon Joundab Ibn 'Abdullâh (das), le Messager de Dieu (bsdl)
a envoyé en expédition un groupe de Musulmans contre un peuple
appartenant aux idolâtres. Ils se rencontrèrent et, chaque fois qu'un idolâtre
se dirigeait vers un Musulman pour le combattre, il allait vers lui et le
tuait. L'un des Païens voulut profiter de son inattention, mais il leva
au-dessus de lui son sabre (on disait entre nous que c'était Ousàma Ibn Zeyd)
et l'autre cria alors: «II n'est de dieu que Dieu». Il le tua quand même.
Quelqu'un vint annoncer la bonne nouvelle au Messager de Dieu (bsdl) qui l'interrogea sur les
péripéties de la bataille et il l'en informa. Il en vint à l'histoire de
l'homme et ce qu'il avait fait. Le Messager de Dieu (bsdl) l'appela et lui demanda: «Pourquoi l'as-tu tué?» Il
dit: «O Messager de Dieu! Il a endolori les Musulmans et en a tué untel et
untel (et il en nomma quelques-uns)». C'est alors que je l'ai chargé. Quand il vit
le sabre il dit: «II n'est de dieu que Dieu». Le Messager de Dieu (bsdl) dit: «L'as-tu tué?» Il dit:
«Oui». Il dit: «Quelle sera ton excuse devant «il n'est de dieu que Dieu» le
jour de la résurrection?» Il dit: «O Messager de Dieu! Prie Dieu de m'absoudre».
Il dit: «Quelle sera ton excuse devant «il n'est de dieu que Dieu» quand
viendra le jour de la résurrection?» et il ne fit que répéter la même question.
(Rapporté par Moslem)
395. 'Abdullàh Ibn 'Outba Ibn Mas'ùd rapporte qu'il a
entendu 'Omar Ibn Al Khattàb (das) dire:
«II y avait des gens du temps du Messager de Dieu (bsdl) que la révélation de Dieu venait réprimander. Or la
révélation s'est désormais arrêtée. Aussi nous ne vous jugeons maintenant que
sur les apparences de vos actes. Celui qui nous montre un bon visage, nous le
rapprochons de nous sans aller fouiller à l'intérieur de sa conscience. C'est
Dieu qui lui demandera compte de ce que contient sa conscience. Celui qui nous
montre un mauvais visage, nous ne lui donnons pas notre confiance et nous ne
croyons pas ce qu'il dit, quand même il dit que son for intérieur est bon».
(Rapporté par Al Boukhari)