26 – L’interdiction de
l’injustice et l’obligation de réparer ses injustices
Dieu le Très-Haut a dit :
1. Chap 40/18 : « Les
injustices n’auront alors aucun ami fervent et aucun intercesseur à la parole écoutée. »
Pour ce qui est des Hadiths :
Selon Jaber (RA), Le Messager de Dieu
(saws) a dit : « Craignez d’être injustes car l’injustice se traduira
le jour de la résurrection en ténèbres. Craignez l’avarice car elle a causé la
perte de ceux qui étaient avant vous. Elle les a poussée en effet à faire
couler leur sang et à se permettre ce qui leur était interdit. » (Moslem)
Commentaire
L’avarice traduit l’amour effréné des
biens de ce monde à tel point qu’on n’hésite pas à tuer son prochain pour
s’approprier sa fortune. On peut le tuer à proprement parler ou indirectement
d’exploiter la misère des autres. Nous en avons malheureusement des images très
convaincantes dans cette fameuse dette du Tiers-monde vis-à-vis des
économiquement prépondérants.
Cette même avarice pousse à vendre son
honneur soit en trahissant sa patrie, soit par l’exploitation du vice et des
passions bestiales des dévergondés, proxénétisme, vente des boissons
alcoolisées et des stupéfiants.
204. Selon Abou Hourayra le Messager de Dieu
(saws) a dit : « Certainement chacun de vous rendra son dû le jour de
la résurrection au point que le mouton sans cornes obtienne réparation du
mouton cornu (qui l’aura frappé dans ce monde). (Rapporté par Moslem)
205. Ibn ‘Omar (RA) a dit : « Nous
parlions du pèlerinage d’adieu (celui qu’accomplit le Prophète (saws) trois
mois avant sa mort) alors que le Prophète (saws) était encore parmi nous et
nous ne savions pas ce que c’était le pèlerinage d’adieu, jusqu’à ce que le
Messager de Dieu (saws) prononça un jour la louange et la glorification de Dieu
puis évoqua le faux Messie et parla longuement de lui en disant entre
autres : « Dieu n’a pas envoyé un prophète sans lui ordonner de
mettre en garde sa communauté contre le faux Messie. C’est ainsi que Noé et les
prophètes après lui reçurent cet ordre. S’il sortait parmi vous, ses signes
distinctifs cachés ne le seront pas pour vous. Votre seigneur n’est pas borgne
alors que lui, il lui manque l’œil droit. Son œil est tel un grain de raisin
desséché. Attention ! Deu vous a rendu sacrés vos vies et vos biens comme
est sacré votre jour-ci dans votre mois-ci. Attention ! Ai-je bien
transmis ? » Ils dirent : « Oui ». Il dit :
« Seigneur Dieu, sois-en témoin ! (trois fois de suite) ».
« Malheur à vous ! Ouvrez bien les yeux ! Ne redevenez pas
mécréants en frappant vos cous les uns aux autres ! » (Rapporté par
Al Boukhari et Moslem en partie).
206. Selon ‘Aïcha (RA), le Messager de Dieu
(saws) a dit : « Celui qui se sera approprié injustement une palme de
terre l’apportera avec lui le jour de la résurrection, enroulée autour de son cou
à partir des sept terres ». (URA)
207. Selon Abou Moussa (RA), le Messager de
Dieu (saws) a dit : « Dieu allonge la corde à l’injuste mais, quand
Il le frappe de Son châtiment, Il ne le rate pas ». Puis il récita ce
verset : « Tel est le châtiment de ton Seigneur quand Il punit les
cités alors qu’elles sont injustes. Son châtiment est bien douloureux et bien
dur » (sourate 2 verset 102). (URA)
208. Mou’adh (RA) a dit : « Le
Messager de Dieu (saws) m’a envoyé (comme gouverneur au Yémen). Il me
dit : « tu vas trouver des gens du Livre (Juifs et Chrétiens).
Invite-les à attester qu’il n’est de dieu que Dieu et que je suis le Messager
de Dieu. S’ils acceptent de l’attester, fais-leur savoir que Dieu leur a
prescrit cinq prières de jour et de nuit. S’ils acceptent cette prescription,
annonce-leur que Dieu a imposé une aumône qu’on prend de leurs riches pour les
redistribuer entre leurs pauvres. S’ils acceptent cette imposition, garde-toi
de toucher à leurs biens précieux et crains la malédiction de l’opprimé car
rien ne l’arrête dans sa montée jusqu’à Dieu ». (URA)
209. ‘Abdurrahmân Ibn Sa’d Asâ’idî (RA) a
dit : « Le Prophète (saws) a désigné comme collecteur de l’impôt
(zakat) un homme de la tribu de Azd nommé Ibn Alloutbya. Une fois de retour, ce
dernier dit : « Ceci est à vous et cela m’a été offert comme
cadeau ». Le Messager de Dieu (saws) monta sur la chaire, prononça la
louange et la glorification de Dieu puis dit : « Or donc ! Voilà
que je charge l’un de vous de collecter ce que Dieu a mis à ma disposition et
voilà que cet homme vient nous dire : « Ceci est à vous et cela m’a
été offert comme cadeau ». Que ne reste t-il donc dans la maison de son
père et de sa mère pour voir si ces cadeaux viennent à lui si ce qu’il dit est
vrai ! Par Dieu ! Aucun d’entre vous ne perdra illégalement quoi que
ce soit sans rencontrer plus tard Dieu portant ce qu’il a pris le jour de la
résurrection ! Je renierai certainement quiconque d’entre vous rencontrera
Dieu en portant un chameau qui blatère ou une vache qu beugle ou une brebis qui
bêlante ». Puis il leva ses mains jusqu’à dévoiler la blancheur de ses
aisselles et dit : « Seigneur Dieu ! Ai-je bien
transmis ? » (URA)
210. Selon Abou Hourayra (RA), le Messager de
Dieu (saws) a dit : « Celui qui a lésé son frère dans sa bonne
réputation (son honneur) ou autre chose, qu’il s’en acquitte auprès de lui
aujourd’hui (dans ce bas monde) avant qu’il ne se retrouve dans l’autre monde
où le dinars et le dirham n’ont plus cours. S’il a alors quelques bonnes
œuvres, on en prend l’équivalent de son injustice (pour le donner à la personne
lésée) et s’il n’a aucune bonne œuvre, on lui fait supporter en compensation
une partie des péchés de la victime ». (Rapporté par Al Boukhari)
211. Selon ‘Abdullâh Ibn ‘Amr Ibn Al ‘Âs (RA),
le Messager de Dieu (saws) a dit : « Le musulman est celui dont les
musulmans sont à l’abri du mal de sa langue et ses mains. Le fugitif de la
Mecque à Médine (Al Mouhajer) est celui qui a fui les interdits de Dieu ».
212. Toujours selon lui : « Un homme
du nom de Kirkira avait la garde des bagages du Prophète (saws). Quand il
mourut, le Messager de Dieu (saws) dit : « Cet homme est en
Enfer ». On alla voir la raison de cette condamnation et l’on trouva
effectivement dans ses propres affaires un manteau qu’il avait volé du butin.
(Rapporté par Al Boukhari)
213. Selon Noufey’ Ibn Al Hareth (RA), le
Messager de Dieu (saws) a dit : « Le temps a désormais accompli sa
révolution et est revenu à son état le jour où Dieu créa les cieux et la terre.
L’année comprend douze moi dont quatrre sont sacrés (Dhoul Qa’da, Dhoul hijja
et Mouharram ainsi que Rajab de la tribu de Moudar). Rajab se situe entre les
mois de Joumâda et Sha’ban. En quel moi sommes-nous ? » Nous
dîmes : « Dieu et Son Messager le savent mieux que nous ». Il se
tut si bien que nous pensâmes qu’il allait lui donner un autre nom que le sien.
Puis il dit : « N’est-ce pas Dhoul hijja ? » Nous
dîmes : « Si ». Il dit : « En quel pays
sommes-nous ? ». Nous dîmes : « Dieu et Son Messager le
savent mieux que nous » Il se tut si bien que nous pensâmes qu’il allait
lui donner un autre nom que le sien. Il dit : « N’est-ce pas dans la
cité sainte (la Mecque) ? ». Nous dîmes : « Si ». Il
dit : « En quel jour sommes-nous ? ». Nous dîmes :
« Dieu et Son Messager le savent mieux que nous » Il se tut si bien
que nous pensâmes qu’il allait lui donner un autre nom que le sien. Il
dit : « N’est-ce pas le jour du sacrifice ? » Nous
dîmes : « Si ». Il dit : « Votre sang, vos biens et
votre réputation (honneur) vous sont sacrés comme est sacré ce jour-ci dans
votre cité-ci, en votre mois-ci. Vous rencontrerez votre Seigneur qui vous
demandera compte de vos œuvres. Attention ! Ne redevenez pas mécréants
après moi, frappant vos cous les uns les autres. Attention ! Que les
présents fassent parvenir cela aux absents ! Il se peut que celui à qui on
le fera parvenir retienne mieux que certains que ceux qui l’ont entendu ».
Puis il dit : « Attention ! Ai-je bien transmis ? »
Nous dîmes : « Oui ». Il dit : « Seigneur Dieu,
sois-en témoin ! ». (URA)
214. Selon Abou Oumâma Iyâs Ibn Ta’laba (RA),
le Messager de Dieu (saws) a dit : « Celui qui usurpe de sa main
droite le droit d’un Musulman, Dieu a rendu obligatoire son entrée en Enfer et
lui a interdit le Paradis ». Quelqu’un dit : « Même s’il s’agit
de quelque chose de futile ? O Messager de Dieu ! » -
« Quand même c’est un simple bâton d’arac (plante commune de l’Arabie dont
le bois sert à se curer les dents et qui se vent très bon marché). (Rapporté
par Moslem)
215. ‘Adi Ibn ‘Oumayra (RA) a dit :
« J’ai entendu le Messager de Dieu (saws) dire : « Celui d’entre
vous à qui nous avons confié un dépôt et qui nous en dérobe une grosse aiguille
ou quelque chose de plus important, aura commis un vol qu’il apportera avec lui
le jour de la résurrection ». Un homme noir parmi les Ansârs (les premiers
habitants de Médine) se leva alors et dit (et c’est comme si je le voyais
encore) : « O Messager de Dieu ! Accepte ma démission de mon
poste de gouverneur ! » Il lui dit : « Et pourquoi
donc ? ». Il dit : « Je viens t’entendre dire ceci et
cela ». Il lui dit : « Et moi je te dis maintenant :
« Celui que nous avons placé à la tête d’un gouvernorat qu’il nous en
rapporte le produit (impôts) que ce soit peu ou beaucoup. Ce qui lui en revient
de droit qu’il le prenne et ce que Dieu lui en a interdit qu’il s’abstienne de
le prendre ! » (Rapporté par Moslem)
216. ‘Omar Ibn Al Khattab (RA) a dit :
« Quand ce fut le jour de Khaybar, un petit groupe des compagnons du
Prophète (saws) vinrent dire : « Un tel est mort en martyr et un tel
mort en martyr ». Puis ils passèrent devant la dépouille mortelle de
quelqu’un et dirent : « C’est un martyr ». Le prophète(saws) dit
alors : « Oh que non ! Je l’ai vu en Enfer portant un manteau
qu’il a volé du butin ». (Rapporté par Moslem)
217. Selon Abou Qatâda Al Hârit Ibn Rib’î
(RA), le Messager de Dieu (saws) se leva parmi eux pour leur faire un discours.
Il leur dit que le combat au service de Dieu et la foi en Dieu étaient les
meilleures actions de Bien. Quelqu’un se leva et dit : « O Messager
de Dieu ! Penses-tu que si je suis tué au service de Dieu cela m’absoudra
de mes péchés ? » Le Messager de Dieu (saws) lui dit :
« Oui, si vraiment tu es tué au service de Dieu, te montrant patient au
combat dans le seul espoir de la récompense de Dieu, faisant face à l’ennemi et
ne lui tournant jamais le dos ». Puis le Messager de Dieu (saws)
dit : « Comment as-tu dit ? ». Il dit :
« Penses-tu que si je suis tué au service de Dieu cela m’absoudra de mes
péchés ? » Le Messager de Dieu (saws) dit : « Oui, si tu es
tué alors que tu es patient au combat dans l’espoir de la récompense de Dieu,
faisant face à l’ennemi et ne lui tournant pas le dos, cela t’absoudra de tous
tes péchés sauf des dettes non remboursées. Gabriel me l’a dit ». (Rapporté
par Moslem)
218. Selon Abou Hourayra (RA), le Messager de
Dieu (saws) a dit : « Savez-vous qui a fait faillite ? »
Ils dirent : « Nous considérons comme failli parmi nous celui qui a
perdu son argent et ses biens ». Il dit : « Le failli de ma communauté
qui viendra le jour de la résurrection ayant fait la prière, observé le jeûne
et payé l’impôt (zakat). Il vient après avoir insulté celui-ci, accusé celui-là
de dévergondage, mangé l’argent de tel autre, répandu le sang de celui-là, et
frappé tel autre. On répartit ses bonnes actions entres ses victimes et, si
elles ne suffisent pas à le racheter auprès d’elles, on prend de leurs péchés,
on les jette sur lui et il est ensuite jeté en Enfer ». (Rapporté par
Moslem)
219. Selon Oummou Salma (RA), el Messager de
Dieu (saws) a dit : « Je ne suis après tout qu’un être humain et vous
venez de m’exposer vos litiges. Or, il se peut que l’un de vous soit plus
habile que l’autre à avancer ses arguments. Je juge donc en sa faveur selon ce
que j’entends. Celui à qui ma sentence accorde à tort le droit de son frère je
ne fais là que lui accorder un morceau d’Enfer ». (URA)
220. Selon ‘Abdullâh Ibn ‘Omar (RA), le
Messager de Dieu (saws) a dit : « Le croyant ne cesse de se trouver à
l’aide dans sa religion tant qu’il n’a pas fait couler un sang interdit ».
221. Khawla Bent ‘Âmer Al Ansârî l’épouse de
Hamza (RA) a dit : « J’ai entendu le Messager de Dieu (saws)
dire : « Il y a des gens qui disposent à tort et à travers de biens
auxquels ils n’ont pas droit. Ils auront l’Enfer le jour de la
résurrection ». (Rapporté par Al Boukhari)